Il a neigé tout l’après-midi, de gros flocons très denses. Le jardin est à présent recouvert d’un manteau blanc d’environ 5 cm. La route, les champs, les toits, les branches des arbres… tout est blanc. Il y a cette odeur un peu poivrée dans l’air vif et glacé. Il y a cette lumière diaphane qui prolonge un peu le jour. Il y a ce silence ouaté, comme si le blanc étouffait les sons, en plus des couleurs.
J’ai passé un long moment dans le jardin, mes pas crissant dans la neige fraîche. Quelques oiseaux d’hiver (des rouge-gorges ?) pépiaient et virevoltaient d’une haie à une autre. J’ai essayé de faire le moins de pas possible, le moins de traces possibles.
Vers 19h15 je suis partie à pied au bourg pour aller chercher N au boulot. Je me suis dit qu’elle serait plus rassurée de prendre la voiture avec moi pour rentrer par ce temps. Sur le chemin, j’ai croisé quelques promeneurs, souriants et silencieux, émerveillés comme moi par ce paysage transformé. J’ai marché d’un pas vif, respiré à plein poumons, fait quelques boules de neige (et un mini bonhomme de neige sur la place de l’église, en attendant N).
Nous sommes rentrées au chaud (j’avais mis une grosse bûche avant de partir) dans notre chaumière, à l’abri du monde. Ce soir, je me suis sentie encore plus à l’abri du monde.
