Ouvrir les poings

Il y a toujours eu en moi l’urgence de vivre. Sans doute le « cadeau » que la maladie précoce de maman m’a offert. Très tôt j’ai compris que tout pouvait s’arrêter brutalement. Cette pensée a occupé mes nuits d’enfant et d’adolescente. Devenue adulte, j’ai voulu vivre intensément, quitte à forcer les événements, les faire advenir ici et maintenant, plier le destin à ma volonté, à mes contingences, à mon urgence. Je tenais (et je tiens encore) ma vie dans mes poings bien serrés, pour tout maîtriser, pour tout densifier.

Aujourd’hui ce n’est plus si facile. Le monde est devenu hostile, j’ai moins de « pouvoir » et tenter d’infléchir chaque chose me prend une énergie colossale. Comme cette maison que j’ai voulu construire envers et contre tout (et surtout malgré le constructeur qui faisait de la m…) et dont j’ai pu me désengager…

Ce bras de fer, parfois nécessaire, n’a pas à être permanent. J’ai même découvert que c’est parfois contre-productif. Il y a un dicton anglais qui dit « Grace Will Take You Places Hustle Can’t ».

Alors je viens consigner ici la liste des choses merveilleuses qui sont advenues dans la grâce (parce que je me suis fait violence de ne pas forcer les choses)

  • nos premières framboises et les roses qui poussent partout au jardin, explosion de pétales roses, carmin, fuschia, blanc, orangé.
  • mon rosier de Martigné, qui a patienté 5 and avant de retrouver la pleine terre et de fleurir comme il fleurissait sur la terrasse de notre maison. Et ça, si c’est pas de la grâce, je ne sais pas ce que c’est !
  • l’invitation de M. à aller passer la fête de la musique et aller camper sur la plage avec notre petite tente… belle surprise
  • cette jolie partie de dés avec mes kids… il est toujours si compliqué de trouver une activité qui nous motive au même moment, toujours difficile de les avoir mentalement disponibles en même temps. Ce soir en faisant des courses je suis passée devant ce jeu de dé, je l’ai pris, j’ai proposé, ça a marché. Comme ça, sans préméditation et sans insistance

Détends-toi et laisse faire les choses ! Laisse aussi l’espace aux autres de s’emparer, proposer, faire advenir. Fais corps avec le temps, le hasard, la vie.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *