Nous ne sommes rien (mais ça n’aide pas)

Il fait encore jour à 21h36. Et après dix jours de canicule, il fait de nouveau un temps de printemps. J’écris entourée de chats (trois), fenêtre ouverte sur la campagne qui gazouille. Je butine quelques mots de réconfort sur Pinterest pour trouver la force de fermer cette journée avec du positif.

Je me fais violence pour ne pas tenter, encore, d’analyser la brutalité du monde, de lui trouver une cause, un sens, une justification. L’odeur du tilleul en fleur me renvoie à mon enfance l’été à Espartignac et me rappelle que le temps passe beaucoup trop vite. Je me fais violence pour me dire que tout ça n’est rien, que tout cela aussi passera. Je ne suis rien. Nous ne sommes rien. Que des grains de sables sur un grain de sable qui tourne autour d’un autre dans un océan de grains de sables qui s’éloignent les uns des autres.