Cet été 2026 est le début d’une apocalypse dont on commence à peine à mesurer les conséquences en cascade.
- Les incendies titanesques (jusqu’en Bretagne) et la pollution atmosphérique qu’ils génèrent (en plus de nous laisser des paysages calcinés de désolation)
- Les extinctions massives d’espèces (oiseaux, insectes mais aussi petits rongeurs, gibier, etc.)
- Les morts, les maladies liées à cette chaleur extrême, constante (même la nuit, il fait plus de 28°) depuis 3 mois, sans pluie
- Les maraîchers qui mettent la clé sous la porte, les éleveurs de volailles qui brûlent et enterrent leurs cheptel par millions (morts de chaud dans des conditions inacceptables)
- Les loueurs de canoë, les profs de surf et tous ceux qui travaillent en plein air qui voient leur activité stoppée net, faute d’eau, faute de vagues, dans des eaux devenues trop chaudes pour la faune aquatique qui se meurt…
- Les centrales nucléaires à l’arrêt, soit parce qu’elles n’ont plus d’eau pour refroidir leur réacteur, soit parce qu’elles ne sont pas autorisée (encore heureux) à rejeter une eau trop chaude, et les prix qui montent, au compteur Linky comme à la pompe
- La guerre partout (que restera-t-il de ces paysages pilonnés par les drones et les missiles?), la violence partout, au dernier stade avant l’implosion, avant la guerre civile…
- L’eau potable qui est déjà coupée dans certaines villes, le réseau n’est plus capable de fournir, de s’auto-alimenter,
- Les krachs boursiers annoncés pour 2027 et les banques qui s’apprêtent à financer le RN
Malgré ces événements gravissimes inédits, le monde ne change pas. Personne ne change. Chacun continue de parler des choses que nous avons connu toute notre vie : où nous irons en vacances l’été prochain, ce qu’on va manger pour Noël, est-ce qu’on prend des billets pour le Hell Fest, où les enfants vont faire leurs études, est-ce qu’on va passer à l’électrique, etc.
Côté pro, c’est la course en avant vers l’IA, comme si ces brillants ingénieurs n’étaient pas capables (l’ont-ils jamais été ?) de rapprocher ces événements, comme s’ils étaient déjà complètement décérébrés par l’usage intensif de Claude.
Moi, je ne peux plus vivre la même vie dans ce nouveau monde. Où que je regarde il n’y a que violences sexistes et sexuelles, abus, corruption, démesure, déraison, déshumanisation. La dissonance cognitive est au max et j’ai déjà du mal à gérer celle de ma vie pro. Je ne sais que trop bien ce qu’on quitte comme monde mais je n’arrive pas à dessiner celui dans lequel on entre. Il est illisible, vaporeux, brouillé. J’ai peur qu’il soit pire encore que le précédent.
Je suis, pour l’instant, comme le lapin, immobile dans les phares de l’effondrement. Je n’arrive plus à décider de rien à part de petites stratégies de survie. Immobile, indécise, tétanisée, hébétée, tout en moi respire l’inaction, pour la première fois de ma vie. J’ai du mal à vivre cet état qui transpire la peur.
J’avais juré de ne pas me laisser guider par la peur. Alors maintenant il va falloir la regarder bien en face.
