Contre l’obscurantisme

Un type s’est présenté chez moi ce matin. Enfin, non, justement, il ne s’est pas présenté, il a attaqué direct par une litanie de questions wtf.

« Vous ne vous demandez jamais où va l’humanité ? » (si tu savais mon ami…)

« Vous vous imaginez dans un paradis dénué de souffrance et de peur ? »

ou encore « Qu’adviendra-t-il de l’homme quand il aura tout détruit ? ça ne vous soucie pas ? » (non)

Comme je ne réponds toujours pas, il continue « Il y a un grand chaos qui se profile pour notre pays le 10 septembre… » (oh oui et je l’appelle de mes voeux, de tout mon être !) « n’avez-vous pas peur de la mort ? de la maladie ? des agressions ? » Je le regarde en souriant, même s’il commence à m’énerver d’insister autant.

Il tente un dernier « vous n’avez pas envie de vous réfugier au paradis…? » A ce moment de la « conversation », il est franchement démuni.

J’assène le coup fatal : « Je suis libre et je n’ai aucune peur car je suis déjà au paradis, regardez donc autour de vous. » Il s’essuie le front, sourit, gêné, car il fait un temps de rêve, la campagne est calme, le chèvrefeuille embaume l’air, un chat se roule dans tous les sens à mes pieds.

Il ne sait plus quoi dire. Il va s’en aller. « Bon… bah si vous êtes curieuse d’en savoir plus je vous laisse ma carte », carte qu’il me tend et que je prends. Il me salue et s’en va, dépité, réfléchissant à son argumentaire de terroriste face à mon bonheur tout simple.

Je jette la carte. Je sais déjà qui tu es mon ami. Je n’ai rien contre toi. Chacun ses croyances. Mais ne viens pas m’imposer les tiennes en jouant sur des peurs, des angoisses, des fausses promesses… et en m’éclaboussant de toute la merde que nos semblables charrient chaque jour.

J’ai déjà trouvé le remède.