Les leurres qu’on suit aveuglément

On est prompts à croire que certaines choses dans nos vies valent un sur-engagement alors qu’on en sort systématiquement perdants. Ce sont des leurres, des mirages, des miroirs aux alouettes. La vraie vie est ailleurs.

Ces leurres qu’on suit aveuglément c’est ce job si prenant dans lequel on s’investit à 300%, soirs et week-ends. Puis, rapidement on se fait piller ses idées, sa créativité et son énergie. On ravale sa fierté (parce que c’est moche de proclamer « eh ducon ! c’est moi qui ait eu cette idée ! »), on se fait harceler, on burn-out, on rebondit, on se bat pour une augmentation symbolique qu’on a l’impression d’avoir usurpée, pour finir par comprendre (enfin !) que la meilleure stratégie est la fuite. Et tout ce qu’il reste quand on quitte enfin les effectifs c’est, au mieux, une maigre cagnotte et quelques au-revoirs de personnes qui, contrairement à ce qu’elles écrivent sur la petite carte, n’ont pas vraiment envie de nous revoir. Un numéro parmi N.

C’est aussi cet homme qu’on croyait être (le) bon, à qui on a tout donné : sa jeunesse, sa fougue, des enfants, une vie agréable, de belles vacances, des élans improvisés, et aussi la moitié d’une maison (alors qu’on gagnait 3 fois moins que lui). Tout ce qu’il reste c’est un adultère et une séparation qui nous laisse exsangues et avec à peine de quoi rebondir. Un numéro parmi N.

On ne gagne jamais à ces jeux de dupes. La partie est perdue d’avance. En tant que femme, il ne nous reste que les pots de yahourt. Il est grand temps d’apprendre à reconnaître tous ces leurres et à mettre son énergie là où l’on n’est plus un numéro parmi N, là où l’on est unique.