C’est une épreuve difficile pour les animaux sociaux que nous sommes de ne pas trouver sa place dans la meute. Or, depuis le covid, depuis cette expérience de dressage et de domestication grandeur nature, j’avais déjà beaucoup de mal à trouver mon peuple, mais depuis la ruée sur l’IA c’est encore pire.
Avant 2020 j’étais volontiers tournée mes semblables, cela donnait même un sens à ma vie, et je trouvais ma place dans l’accompagnement ou le soutien que je pouvais prodiguer. La School du Shift, le Summercamp, les nombreuses sollicitations auxquelles j’ai donné suite avec plaisir, mes engagements associatifs, Backlight et, bien sûr, Essentielles, en sont la preuve.
Mais en 2020, quelque chose s’est définitivement cassé : ma foi en l’autre. L’expérience covid m’a montré l’ampleur des dégâts côté libre arbitre et intelligence de mes semblables. La cruauté aveugle et stupide qui a régné pendant 2 ans ne s’est pas éteinte, elle s’est juste endormie et on la perçoit encore. Les éveillés sont une espèce en voie d’extinction.
Côté perso, je note aussi que mes différents partenaires de vie ont bien abusé de ma confiance. Par exemple D. qui, sous couvert de n’être pas méchant, n’a pas été aimant non plus et m’a trompée sans aucun état d’âme pendant plus d’un an avec cette femme qui gardait notre fils deux fois par mois à la crèche. Classe.
Côté pro, je me suis longtemps dit que Z. était l’endroit où je pourrais trouver ma place, accompagner des projets ambitieux, continuer d’apprendre tout en transmettant ce que j’ai appris. Mais en faisant calmement le point dernièrement je m’aperçois que le peu de bien que j’ai vécu à cet endroit en 2019 ne compense pas toute la maltraitance que j’y subis depuis des années, lentement, subrepticement. Invisibiliser les gens, les parquer dans des activités sans valeur ajoutée (y compris en interne), ne pas leur donner l’opportunité de déployer leurs compétences (je ne parle même pas de les faire grandir), profiter de leur travail sans les valoriser en s’appropriant leurs idées et succès, les manager avec des rookies qui n’ont pas une once de connaissances sur le management… c’est mal traiter. Non seulement je n’ai pas appris grand chose en 6 ans (à part des anti-patterns) mais il a fallu que je me batte pour continuer à progresser. Cette année sera la 3e sans augmentation. Il va donc falloir trouver où atterrir.
