J’attends le vent

J’attends le vent. J’espère le voir surgir de l’ouest, joyeux et échevelé, comme il arrive parfois quand il vient ébouriffer mes cheveux.

J’attends le vent de fin d’été, le vent tourbillonnant qui revient d’un pays merveilleux, qui sent la terre, la pluie et les fêtes, qui crée des volutes de fleurs roses dans ma cour. Rondes hypnotiques qui me donnent envie de danser.

J’attends le vent, il est en retard. Peut-être s’est-il réfugié sur la côte déchiquetée du Cap Fréhel: il s’y installe souvent pour soulever les grandes marée ou pour jouer avec les cormorans avant leur plongée supersonique. Ou peut-être est-il en train de pousser, tout là haut, les longs cirrus qui traversent le ciel comme une vague inversée.

J’attends le vent, mon ami de toujours qui a fait mille fois le tour de la Terre.